Meris Angioletti, L’Anneau et le Livre (un procès)

Meris Angioletti, Série D-76, 2017
Meris Angioletti, Série D-76, 2017

Meris Angioletti, L’Anneau et le Livre (un procès)

Vernissage jeudi 12 octobre 18-21h
Du 12 octobre au 26 novembre 2017
ENSAPC YGREC

De la nécessité de relire une histoire tue ou encore de toucher aux arts occultes, telles émanent les oeuvres de Meris Angioletti. Par ses installations alliant objets filmiques, sonores ou encore plastiques, l’artiste convoque et entremêle personnages et récits dans un cheminement donnant corps et espace à une histoire inachevée, dont toute la dimension ésotérique est appelée à émerger.

Pour ce nouveau projet personnel, les recherches de l’artiste ont été guidées par l’histoire de l’hérétique Giordano Bruno (1548-1600), brûlé vif à Rome au terme de huit années de procès. Prodigieux mnémotechnicien, ce prédécesseur de grands penseurs comme Kepler ou Spinoza, s’était attiré les foudres du cercle ecclésiastique de par sa marginalité, penchant pour la magie et autres pratiques jugées alors blasphématoires.

Au XIXe siècle, le dramaturge britannique Robert Browning (1812-1889) fait l’achat à Florence, où il réside, d’un livre réunissant des documents relatifs au procès de Guido Franceschini accusé du meurtre de sa femme et de ses beaux-parents. Passionné par le caractère criminel de l’affaire, il décide, sous forme de poèmes, d’en réécrire l’histoire du point de vue des différents protagonistes impliqués, utilisant la matière épistolaire du livre originellement acquis.

Poursuivant ses recherches autour des mécanismes psychologiques, philosophiques et spirituels de la pensée, l’artiste est partie de ces éléments pour imaginer la réalisation d’une exposition dont l’espace deviendrait la trace d’un procès métaphysique. La symbolique du procès prenant alors toute sa place dans la genèse des pièces présentées ici, où la forme juridique, dans ses composantes de l’absurde et de l’illogisme, côtoie habilement la tradition ésotérique. L’espace devient alors la métaphore de l’arène dans laquelle le visiteur est invité à déambuler, deviner, ou encore juger.

Meris Angioletti est née en 1977 à Bergame, Italie. Elle vit et travaille à Paris.
Puisant ses recherches tant dans l’histoire des arts — des premières abstractions de la fin du XIXe siècle jusqu’aux formes du « cinéma élargi » des années 1970 — que dans les sciences cognitives, la psychologie ou les croyances ésotériques, les œuvres de Meris Angioletti interrogent les mécanismes de la perception, de la mémoire et de la psyché.

Commissariat: Émeline Vincent
Avec le soutien de la FNAGP
et Galleria OTTO ZOO, Milan

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