Study at ENSAPC

AIR DE MUNICH

Eric Maillet, Judith Perron
Avec Maria Muhle et Anke Doberauer

En partenariat avec Klasse für Malerei, Akademie der Bildenden Künste München et le Goethe Institut, Paris

Le projet « Air de Munich » est organisé conjointement par l’ENSAPC et l’Akademie der Bildenden Künste München et s’adresse aux étudiant-e-s des deux écoles travaillants tous types de médiums. Il veut reposer la question de l’œuvre et de l’exposition en s’inspirant des modalités visibles de deux lieux aussi différents que le Deutsches Museum de Munich et le Jerusalem Panorama à Alt-Ötting. Le Deutsches Museum, fondé en 1903, est le plus grand musée des sciences naturelles et techniques du monde et a inspiré Marcel Duchamp lors de son passage à Munich en 1912 pour ses premiers ready-made. Le Jerusalem Panorama, inauguré également en 1903 à Alt-Ötting, présente une peinture circulaire proto-cinématographique du chemin de croix, représentant une scène à « vérité historique ». La peinture est accompagnée d’un « faux terrain », des éléments sculpturaux qui viennent compléter la scène peinte et intensifier l’effet d’illusion – un artifice commun du panorama considéré comme le premier medium de masse du XIXe siècle.

Ces deux lieux artistiques permettent d’examiner la question de comment la mise en scène, la contextualisation et la position du spectateur participent à la production même de l’œuvre et de combien la production artistique est toujours multi-médiale, traversant non seulement les genres artistiques mais aussi les frontières entre l’art, la science, la technique, le travail historiographique, la religion, la culture de masse, etc. Par des œuvres questionnant la mise en scène des connaissances, les étudiant.e.s seront amené.e.s à réfléchir à ce qu’est le champ de savoir d’un artiste mais aussi aux moyens d’en témoigner par un dispositif d’exposition. Le projet n’est pas réduit à des pratiques spécifiques, tous types de médiums sont possibles.

ATELIER POISSY – CRÉATION ANALOGIQUE EN MILIEU CARCÉRAL

Gallien Dejean
Avec la participation de Victor Zebo, Pascaline Morincôme, Mathis Collins

En partenariat avec le SPIP 78, la Maison centrale de Poissy, Massage Production

Ancien couvent de religieuses ursulines, la maison centrale de Poissy, située dans le centre historique de la vieille ville, accueille des détenus condamnés à de longues peines. En partenariat avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation des Yvelines (SPIP 78), l’ENSAPC propose la constitution d’un atelier de production audiovisuelle autogéré, réunissant détenus et étudiant.e.s. L’objectif de ce projet est de créer un atelier d’autoformation audiovisuelle, technique et théorique, au sein de la Centrale de Poissy permet- tant aux participant.e.s de se familiariser avec les différentes phases de production (écriture, tournage, montage, etc.) tout en resituant les enjeux de la vidéo dans un contexte historique. Ce projet s’appuie, avec l’aide des intervenant.e.s Victor Zebo, Pascaline Morincôme et Mathis Collins, sur la définition et la production collective d’un dispositif de tournage évolutif permettant de produire aussi bien des courts-métrages de fictions que des documentaires, des reportages, des sketchs, des émissions. En raison des règles de contrôle et de sécurité énoncées par l’administration pénitentiaire, l’atelier devra utiliser le matériel audiovisuel prêté par l’institution. Ce matériel est exclusivement analogique afin de permettre à l’administration de contrôler la sortie des images et des sons qui sont réalisés à l’intérieur de la prison. Ce format vintage imposé est une spécificité technique qui, parmi de nombreuses autres règles, témoigne d’une problématique – celle de la contrainte –, inscrite formellement au cœur même de ce processus de création collaborative. Cette dialectique de la contrainte sera l’une des pistes de réflexion qui nourrira la pratique de cet atelier.

AT ATELIER CALDER – WORKSHOP WITH ROSA BARBA

En partenariat avec l’Atelier Calder

In this workshop, I would like to propose a journey from cinema to another kind of film through an objectification of a filmic ontology, into a hyper-space whose nature and limits remain to be defined. How do we create a performative setting where fact and fiction can be intertwined? The class will interrogate the industry of cinema with respect to various forms of staging, such as gesture, genre, information and documents, taking them out of the context in which they are normally seen and reshaping and representing them anew. We will experiment and expand time-based forms into sculptural objects or speculations. Topics of cinema include the essay film, video art, structural film, and the recent art of using projection. Activities include screenings, discussions and field practices/recordings. Students in this workshop will engage in cooperation and practical interventions. Readings are taken from historical sources and recent publications.

CAMPING

Jean-Luc Verna
En partenariat avec le Centre national de la danse – CND, Pantin. 

Camping est conçu comme un temps unique de rassemblement : artistique, chorégraphique et humain. Plateforme internationale de workshops et de spectacles, campement artistique où se croisent des expériences poétiques de la danse, du théâtre, de la performance et des arts visuels, le festival se tient au Centre national de la danse à Pantin. Comme chaque année depuis 5 ans, il réunit des artistes, chercheur.euse.s et étudiant.e.s du champ chorégraphique et d’autres sphères artistiques.

CONFRONTATION AUX ŒUVRES

Eric Dalbis
Avec Stéphanie Katz, critique d’art.
En partenariat avec le Musée du Louvre et le Musée du Petit Palais.

Se confronter à la présence physique d’œuvres choisies dans les collections essentiellement pour les périodes des XIIIe au XVIIIe siècles… les questionner, les analyser, mais aussi interroger sa propre pratique artistique dans ses intentions et ses gestes, tout en se référant à une mémoire, des filiations, à une culture de la peinture. Étudier et comprendre les règles propres à une œuvre… En analyser les enjeux esthétiques, les moyens, le contexte de leur création et de leur destination ; en éprouver leur présence et leur rayonnement …

CRÉATION & ÉCOLOGIE

Boris Achour, Laure Limongi, Corinne Le Neün
En collaboration avec Nadine Le Rigoleur du Centre de documentation de l’ENSAPC, et la participation de Camille de Toledo et Lucile Schmidt.
En partenariat avec Bétonsalon (centre d’art et de recherche), Prix du roman d’écologie, Providenza.

Comment la préoccupation écologique informe-t-elle la création ? Quels en sont les impacts sur les formes, les enjeux, au-delà des thèmes ? Cet ARC mêlera recherche et création, en proposant une approche en deux saisons. La première saison se déroulera au premier semestre en partenariat avec Bétonsalon (Paris, 13e) le lundi tous les quinze jours, avec un motif aquatique. La deuxième saison aura lieu au second semestre en partenariat avec le Prix du roman d’écologie, à l’école, les jeudis après-midi mais aussi ailleurs : à la revue Esprit – à Paris – qui accueille les délibérations du jury et à la BNF, partenaire du prix qui en organise la remise ainsi qu’une programmation de conférences initiées par Lucile Schmidt, cofondatrice du prix, accueillant écrivain.e.s, chercheurs et chercheuses, philosophes…

D’UNE VILLE, L’AUTRE – FICTIONS SONORES ENTRE PARIS & BUENOS AIRES

Laure Limongi et Jerome Combier
En collaboration avec l’atelier son
En partenariat avec Universidad Nacional de las Artes (Buenos Aires), Universidad Nacional de la Plata, dans le cadre du programme INNOVART du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, du ministère de la Culture et du ministère argen- tin de l’Education, de la Culture, de la Science et de la Technologie

Le projet de notre école, associée avec l’Universidad Nacional de los Artes de Buenos Aires et l’Universidad Nacional de la Plata, a pour objectif la fabrication d’un objet éditorial incluant un travail sonore. Le projet est mené à bien par un groupe d’étudiant.e.s et d’enseignant.e.s des deux pays qui collaboreront étroitement ensemble à distance et lors de deux temps de rencontre, en Argentine et en France. On s’intéressera à la question de l’identité de Paris et Buenos Aires, aussi bien à travers les lieux communs qui les résument (à questionner, à éprouver) que des représentations littéraires — et artistiques. Chacun.e sera amené.e — à s’interroger, créativement, sur son rapport à ces villes, à revisiter l’héritage d’écrivain.e.s les ayant arpentées et décrites, que la ville soit le décor d’un récit ou au cœur même d’une démarche littéraire vaste (pour Paris, on peut citer Georges Perec, Patrick — Modiano, Leslie Kaplan… ou Julio Cortázar ; pour Buenos Aires, Jorge Luis Borges, Ernesto Sábato, Roberto Arlt, Ricardo Piglia…), les étudiant.e.s seront ainsi invité.e.s à concevoir une pièce littéraire et sonore qui emprunte au réel — actuel des deux cités, à leurs représentations, mais qui ouvre également sur le surnaturel, l’onirique.

GÉNIE(S) DU LIEU

Charlotte Charbonnel

Génie(s) du lieu interroge la notion d’esprit du lieu et de son énergie, à travers plusieurs prismes. À partir d’articles et de recherches issus des « sciences » au sens large ou encore de pratiques artisanales proposées, vous serez invité.e.s à expérimenter et à développer plusieurs protocoles liés à un espace naturel ou non dont l’enjeu est d’inventer une nouvelle pratique, de nouveaux gestes et outils. Par exemple, imaginer comment une proposition peut se tisser à la géo- logie, à l’histoire, à la bioacoustique, au vivant qui fabrique et habite un lieu. Sonder son environnement, créer sur et avec un territoire par la pratique de l’installation, du volume, du son, dans leurs champs d’applications traditionnels et prospectifs pour y développer une expérience physique. La proposition de cet atelier cherchera à rendre visible ces protocoles et formes, à élaborer sa méthode de travail, à s’inscrire dans une recherche en identifiant ses besoins et en rentrant en contact avec d’autres savoirs et pratiques. L’évolution du projet pourra amener à une collaboration extérieure avec des spécialistes.

IMPRIMER LA FORME À UNE DURÉE */ IMPOSING FORM ON A PERIOD OF TIME*

Anri Sala
En partenariat avec la Cité internationale des Arts

*“Imprimer la forme à une durée, c’est l’exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire. Car ce qui est informe est insaisissable, immémorisable.” La Lenteur, Milan Kundera
J’aimerais explorer la notion d’imprimer la forme à une durée. En spéculant sur sa forme prospective, nous nous intéresserons principalement à la conjonction entre la forme et la durée telle qu’elle est perçue depuis l’intérieur de son continuum. Ce que je considère comme son intérieur est le moment présent : ces morceaux de temps dans lesquels la mémoire n’est pas encore activée et les notions de passé et de futur ne se présentent pas. J’imagine ce moment présent comme un petit bout d’architecture, auto- assemblé par l’esprit dans la forme du temps. Mais le tissu même dont il est fait est quelque chose qui croît continuellement. Ses cellules, ses bactéries et sa flore se multiplient et fermentent en même temps. L’instant présent n’est ni ingouvernable ni totalement assujetti. Comme le créole, sa nature même est d’être altéré tout en transformant ce qui cherche à l’assimiler.

L’AUTRE MOITIÉ DU PAYSAGE (LMDP)

Claire Roudenko-Bertin
En partenariat avec Konstbibliotek/Musée National de Stockholm, la Forêt d’Art Contemporain, Garein, Région Bergslagen et le Musée LSF-Forêt nordique, en Suède, le groupe L’Moutâlat à Marrakech et la forêt d’Azrou, le Projeto Imburana en forêt brésilienne, ainsi que le CNAP et le Confort Moderne à Poitiers

La prochaine période pédagogique concernant LMDP entérine la synthèse complète des recherches et investigations des années précédentes, elles-mêmes ayant déjà été émaillées d’événements nombreux. Le temps de la transmission et de la réception de l’ensemble de ces travaux s’actualise sous la forme d’une exposition, espace et temps actif de partage. Pour rappel : il s’agit des résultats d’un ensemble d’explorations et d’élaborations dont l’atome substantiel aura été, durant 3 ans, la vie, les actions et l’œuvre de Ivan Aguéli à travers ses archives inédites françaises et arabes conservées au Musée National de Stockholm. Postulat et motif tout à la fois, puisque cette exploration et ce travail d’approche, d’étude et de « fabrique » des archives l’ont été par la focale particulière du travail de l’art, l’intégration du processus artistique et son interrogation même. Un défi constant dans le passage étroit entre liberté et astreinte, entre la rigueur et la discrétion des outils engagés et les hypothèses osées de l’art que les enjeux rencontrés posent et entendent soutenir pour leur donner forme. Tout cela collectivement à partir de chaque geste individuel et dans une irréductible durée. Une expérience au sens direct accueillie et soutenue par nos partenaires suédois qui y voient productivement une valorisation très originale de leurs archives Aguéli ; nous sommes la première équipe de recherche officielle depuis 1920 à n’avoir pas besoin de traduction pour les aborder et les contextualiser.

L’IMAGE PHOTOGRAPHIQUE

Renaud Auguste-Dormeuil
En collaboration avec l’atelier photographie
Avec la participation de Caroline Achaintre, Sanne de Wilde, Laurent Tixador, Virginie Barré

En se confrontant avec des personnalités du milieu de la photographie, l’objectif pour les étudiant.e.s est d’approfondir leurs recherches personnelles sur le volet de la production photographique, de développer leur originalité et leur autonomie en regard d’un corpus visuel existant.

LE CORPS ÉMU RÉVOLUTIONNAIRE

Claudia Triozzi
Avec Sophie Wahnich

Le corps révolutionnaire peut être individuel ou collectif, mais il est toujours caractérisé en termes d’émotions : corps en colère, indignés, enthousiastes, dans l’effroi. Ces émotions sont des facultés de juger où le corps pense, évalue subjectivement des situations et agit en conséquence. Les corps révolutionnaires produisent des performances intuitives du fait révolutionnaire. Il s’agira dans cette proposition de regarder et de réfléchir des foules en effets, des corps délibérant, pétitionnant, dansant, s’insurgeant et prenant le risque de la mort au nom même de la vie bonne à venir. Corps traversés par un sens aigu du temps dans tous ses états. Battre la mesure révolutionnaire, qu’est-ce à dire pour ces corps ?

LIEUX/PASSERELLES, ENTOURS

Alejandra Riera
En collaboration avec les ateliers son et sérigraphie et impression numérique.
Avec la participation de Jennifer Caubet et Laurence Vidil.

Si le paysage est une vue d’ensemble et se rapporte à ce qu’on nous a appris à voir ou à ne pas voir comme tel, le lieu est lié à l’habitation et en ce sens, directement relié aux corps, en philosophie. Le lieu est non seulement une portion d’espace mais il se définit aussi par les événements qui s’y déroulent, on dit bien donner lieu à. Se rappelant que le point de vue est dans le corps nous tenteront de repenser ensemble les perspectives que la notion de paysage implique ou qu’elle oublie. L’idée de l’ARC est bien d’engager une réflexion sur le faire, autour de l’invention des lieux, le faire lieu, faire place, en produisant des théories, des fictions et des productions poétiques « avec les lieux » par les moyens et les sens dont nous disposons. En abordant la question de ces « là où » nous sommes, comme porteur.euse.s des récits et de diverses écologies à considérer, questionner, abandonner, réinventer. En reconsidérant de manière plus attentive les relations entre humains-et-non-humains comme des ensembles reliés, composés, mélangés, en tension, « en relation ».

Ainsi la considération des mondes végétaux-animaux-humains dans leurs entrecroisements et les paysages qu’ils animent en tant que traductions imaginaires, concrètes et spatiales d’un écosystème, seront matière et base à des productions plastiques et documentaires. Nous nous attacherons notamment à considérer les présences végétales autour de nous, que cela soit comme témoins de l’histoire, comme actrices agissantes de transformation sociale, comme productrices d’interactions, de dynamiques, comme matière à la fois poétique et vitale, libératrices, soignantes et inspiratrices ou comme étant otages des idéologies et projections diverses.

…ET SI… ON POUVAIT – WORKSHOP AVEC JENNIFER CAUBET

Alejandra Riera
En partenariat avec la première année APA, art-paysage-architecture, via leur module « Satellites » (Roubaix)

Du 8 au 11 février 2022, l’ARC « Lieux- passerelles, entours », propose un workshop, avec Jennifer Caubet, artiste sculpteure qui mène un travail de réflexion sur les relations aux espaces qu’elle traverse, non seulement construits mais « à construire ». Nous allons nous plonger sur l’idée de la passerelle, d’un entre-deux lieux, celui du présent et de l’avenir. En s’appuyant sur la forme de la maquette en architecture, comme d’un outil permettant d’imaginer des transformations encore possibles, nous proposons d’imaginer des gestes et des formes non-conventionnelles de celle-ci à partir des désirs concernant les espaces actuels et à venir des écoles en arts et leurs environnements.

« La maquette est un espace de projection où les desseins d’agencements s’esquissent, prennent forme et se modèlent. Elle permet de trouver une justesse, comme une transition entre l’idée et notre environnement, entre le présent et le futur. C’est un endroit où l’utopie commence. Rien n’y est fixe, tout peut bouger, cet « objet » est fait pour cela penser des possibles entre pensée et réalité. » Jennifer Caubet.

L’ORCHESTRE INHARMONIQUE DE NICE (LOIN)

Jeff Guess
Invité par Gauthier Tassart (enseignant à la Villa Arson)
En partenariat avec La Villa Arson, l’Association Le Cartel/Les Disques en Rotin Réunis

L’Orchestre Inharmonique de Nice est un orchestre à géométrie variable composé d’étudiant.e.s musicien.ne.s ou non-musicien.ne.s, qui, chaque année travaille avec un.e artiste invité.e, un.e chef.fe d’orchestre, et poursuit ainsi son aventure dans le champ de la performance musicale basée sur l’écoute et l’improvisation. Chaque année un.e chef.fe d’orchestre est invité.e pour travailler avec les étudiant.e.s. La première session fête les 10 ans de l’Orchestre avec deux chef.fe.s d’orchestre, Lionel Fernandez et Élodie Lesourd. Au printemps 2022, ce sera Lucrecia Dalt. Chaque chef.fe d’orchestre apporte une méthode de travail différente pour aborder la question de l’improvisation. Il y aura peut-être des sessions préparatoires avec Gauthier Tassart à Cergy pour choisir l’instrumentation et travailler ensemble. Et puis une semaine de travail à la Villa Arson avec le.a ou les chef.fe.s d’orchestre et un groupe d’étudiant.e.s de la Villa Arson qui se sera préparé de la même manière. La semaine se termine avec un concert public à la Villa Arson. Des vinyles sont produits de chaque concert.

MONUMENT ?

Christophe Cuzin et Éric Maillet
Avec Laetitia Chauvin, critique d’art, éditrice et productrice de commande publique.

Le principe de commande, qui a longtemps régi l’économie de l’art, existe encore, et particulièrement en France sous la forme de la commande publique. Mise en présence de la population avec l’art, il recouvre des enjeux citoyens et est l’expression de la constitution d’une communauté grâce à l’art. Pour les artistes, des procédures et des méthodes sont indispensables à l’approche de cette pratique. L’unité pédagogique qui est proposée ici tentera de se familiariser avec le monde administratif, la rigueur et les délais relatifs à cet exercice. Par ailleurs, la commande permet d’envisager des projets artistiques ambitieux ou monumentaux, mais toujours avec le souci de leur faisabilité et de leur budget. Le sens de la proposition est aussi un élément décisif pour le jury de sélection auquel il faudra se confronter à l’écrit et à l’oral. La proposition sur laquelle nous travaillerons s’apparentera en tous points à une situation réelle. Ce sont tous ces aspects qui seront abordés dans cet ARC.

PARIS-RECIFE

Yann Beauvais
En collaboration avec Moacir dos Anjos, chercheur à la Fundacão Joaquim Nabucco et commissaire d’exposition.
En partenariat avec la Fundacão Joaquim Nabucco, Recife.

Entre deux continents et cultures, découverte et préparation d’un projet film/ vidéo avec des étudiant.e.s de Recife et de l’ENSAPC, mise en place d’échange à la manière des correspondances films entre deux cinéastes. La forme essai, le document, le journal filmé sont prétextes à des remises en cause. Les questions de frontières prennent alors tout leur sens dans la mesure où il faut les penser en regard des cultures, races, langues et sexes, entrainant de multiples négociations selon des champs distincts qui peuvent parfois s’associer, se combiner. « Paris Recife » se fait l’écho de cette mise en situation de traverse, de négociation qui font du déplacement, du choc et de la rencontre un moment de transition et de remise en cause des normes qui nous façonnent. Comment certaines formes culturelles traditionnelles se réactivent et se transforment par contamination, ou par appropriation… L’impulsion et la confrontation peuvent être le fait de la découverte, d’une recherche ou bien d’un projet plastique interrogeant ou manifestant des modalités de frictions ou de dissolutions dans ces lieux d’échanges travaillés au sein de l’ARC.

PARTAGER LES REGARDS

Claudia Triozzi
En partenariat avec Le Point Éphémère. 

Dans la continuité du cours « Pratiquer et Sortir », cet ARC répond à l’invitation et à l’accueil du Point Éphémère. Deux axes de travail portent ce projet : tout d’abord, cette invitation sera l’occasion d’assister in situ à quelques répétitions ouvertes de projets d’artistes invité.e.s que le lieu accompagne tout au long de la création, ceci pour participer à la formation d’un collège de regards extérieurs dans la perspective de créer des moments privilégiés d’échanges autour de travaux en cours avec les différentes compagnies. Dans un second temps, le Point Éphémère accueillera les étudiant.e.s de l’ENSAPC pendant une semaine au mois d’avril 2022 dans leur salle de spectacle pour un temps de répétition et de création suivi d’une ouverture au public le 7 et 8 avril 2022.

PLATEFORME EXPÉRIMENTALE / POUR UNE ESTHÉTIQUE DE L’AMITIÉ ?

Sylvie Blocher, Geoffroy de Lagasnerie

Nous choisissons rarement ce que nous sommes, ni les existences que nous menons. Des cadres s’imposent à nous et nos biographies se résument souvent à l’occupation successive de positions prédéfinies dans le temps et l’espace. Mais la vie est néanmoins redevable d’une analyse politique, car toute biographie est marquée par des moments clés, des instants où nous choisissons d’accentuer certaines relations plutôt que d’autres, de donner notre temps à un.e ami.e plus qu’à tel.le autre, d’avoir des enfants ou non, d’entrer dans la vie conjugale ou pas, d’accepter tel ou tel travail, de dire oui ou non à telle ou telle proposition…

La contre-culture des années 1960 et 1970 formait des expérimentations et des aspirations marquées par l’ambition de changer la vie, d’articuler la question du politique et de la création à celle de l’invention de nouveaux modes de relation. Mais aujourd’hui, quelles relations rendent possible quels affects et pour quels types d’écriture et de création artistique, pour quel type d’expérimentation et de rapport au monde. Et que voudrait dire alors inventer de nouveaux modes de rencontres ou de vie ? Peut-on créer sans changer la vie ? Mais peut-on d’ailleurs changer de vie ? Que serait alors une esthétique de l’amitié ? Pourrait-elle être vue comme le creuset d’une autre politique de la vie, mais aussi de la création ?

SCÉNO

Christophe Cuzin, Veronique Joumard, Judith Perron
En partenariat avec Le Silo.

Cet ARC enseigne la mise en espace des œuvres qu’elles soient plastiques, littéraires, théâtrales, chorégraphiques ou liées à d’autres formes de performance face à tout type de contexte. Nous aurons pour objectif d’expérimenter, de réfléchir la présentation ou l’exposition des œuvres et la place du spectateur. À partir d’un matériau artistique et d’un espace donné, il s’agira d’imaginer à l’aide de l’histoire et de maquettes, sa spatialité, sa faisabilité, sa transportabilité et son coût.

SPATIAL POLITICS AND STORYTELLING: CONTEMPORARY ART NARRATIVES SHAPED BY ARCHITECTURE AND HISTORY

Folakunle Oshun
Avec N’gone Fall
Avec la participation de Antawan Byrd, Ibrahim Mahama, Kathryn Weir, Kwasi Ohene-Ayeh, Dunja Herzog Réunis

This course is designed to give students insights into the practice of contemporary artists engaging the built environment – focussing on their processes and the interaction between their work and exhibition spaces. The course will follow a workshop format where students are encouraged to experiment with a wide range of materials, media, and formats – putting into consideration the spaces they intend to engage. A starting point would be Oshun’s PhD thesis interests – examining the impact of post-independence architectural ruins across West Africa and their adaptation as spaces for the activation of contemporary art. “These monumental structures have shaped the growth of contemporary art on the African continent and their contributions are pertinent to moving away from eurocentric classical artistic forms which can be considered neo-colonial extensions of structural biases in the art system.” The juxtapo- sition of art with architectural forms and the ideologies behind their design, will be the center of this module. Students who plan to practice professionally will get first hand interactions with international artists via video conferencing during the seminars and workshops sessions.

THE CURE

Jeff Guess, Judith Perron
En partenariat avec Neoness (sous réserve), Abbaye de Maubuisson, L’école de la désobéissance, Anna Adam, Université de Paris VIII et Gwenola Wagon

Après un très long moment de virtualité flasque, cet ARC est l’occasion de retrouver une forme de rêve ! Tout au long de l’année nous allons faire des expériences variées pour régénérer nos corps. Le premier semestre sera dédié aux pratiques liées aux affects, aux sensations et aux perceptions subtiles. Le deuxième semestre sera constitué de séances qui sollicitent le cardio, la force et l’endurance. Une année en haute intensité !

THE SPRINGBOARD

Wei-Li Yeh
En collaboration avec le Centre d’art Ygrec-ENSAPC

We have to make an exhibition together at Centre d’art Ygrec-ENSAPC during the course of this class, that is what is expected of you and me, to do this, we will make a fieldtrip together beforehand to find the ’Maltaverne Estate’ near Bordeaux, we will spend 3 or 4 days there, I think this is a good amount of time to get an imprint of the place, isn’t that what art is in its totality? An imprint of a time and place? I am not sure if “Maltaverne” is open to the public, if we can’t get in, then we’ll just have to imagine what is inside, but the act of finding it will surely generate a lot of ’food for thought’ (an American idiom), or as they say: the journey is almost always more fascinating than the destination.

WORKSHOP AVEC VOLMIR CORDEIRO

Jeff Guess, Judith Perron, Carole Boulbès

Deux matinées seront l’occasion de rencontres avec Volmir Cordeiro autour des formes sensibles qu’il met en jeu (chorégraphiques, littéraires). Les après-midis seront consacrées à un travail en studio durant lesquelles nous plongerons dans ses éléments créateurs : l’expressivité du visage, l’expérience du désordre, la fête corporelle, l’urgence d’exister pour l’autre, la force de la subversion, la traversée des affects précaires, la profusion des mots et l’intensification des imaginaires. Il faut du goût pour l’être ensemble et pour des danses-métamorphoses. On prend et on laisse. On ajoute et on enlève. La contrainte est celle de rester dans un tissage permanent d’une mouvance collective.

WORKSHOP AVEC NICOLAS KLOTZ ET ELISABETH PERCEVAL

Jeff Guess
En partenariat avec Centre Pompidou (invitation : Judith Revault d’Allonnes, Chargée de programmation)

Dans le cadre de la rétrospective et l’exposition de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval au Centre Pompidou (du 2 décembre 2021 au 2 janvier 2022), vous êtes invité.e.s à participer pleinement à des ateliers prenant pour point de départ leurs films. Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval forment un duo de cinéastes dont la filmographie protéiforme continue de se construire depuis la deuxième moitié des années 1980, en défiant l’industrie cinématographique et ses modes de production classiques. Leur œuvre, qui se compose de fictions, de documentaires, d’essais, d’installations, de courts et longs métrages, se construit sur des notions de transversalité et de rencontre.