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A QUEER PHOTO ARCHIVE

Journée de recherche-création

Sous la direction de Nicola Lo Calzo, photographe et artiste-doctorant auprès de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et de l’École Universitaire de Recherche CY Humanités Création Patrimoine

 

SAMEDI 10 DÉCEMBRE 2022

11h-19h

au JEU DE PAUME

Gratuit, sur réservation

Photographie et Queer. Comment tenir ensemble ces deux mastodontes conceptuels, souvent associés à des généalogies spécifiques mais de fait liés et ralliés par des multiples alliances ? Cette journée de recherche-création essaie de répondre à cette question, à travers les oeuvres d’artistes visuels contemporains dont le médium principal est la photographie. Il s’agira de tisser un dialogue entre des artistes, qui, à partir de territoires, de parcours, et d’engagements différents, abordent le queer et les enjeux de l’identité et de l’alterité par le geste photographique, implémenté par l’installation ou la performance. Leur approche est intersectionelle et, pour certain·e·s, s’appuie sur les études postcoloniales autant que les nourrit.

Le terme queer est utilisé ici dans une perspective politique, telle une posture à partir de laquelle critiquer et analyser la réalité : être queer c’est assumer « une identité desessentialisée et purement positionnelle » (Halperin, 1995). Comme l’affirme Isabelle Alfonsi : « Dans son acception moderne, queer vient désigner non seulement une résistance à une norme sexuelle, mais plus généralement à toute création d’identité enfermant un sujet » (Alfonsi, 2019).

Par la présentation d’artistes qui ont évolué au sein des sociétés postcoloniales, cette journée souhaite interroger également les liens possibles entre la photographie, l’expérience queer et LGBTQIA+ et la critique postcoloniale. La « photographie en mode queer » est proposée ici comme un outil de combat autant qu’une renégociation permanente du soi dans sa relation au monde, au regard des multiples assignations, en termes de classe, de genre, de race qui peuvent coexister au sein d’une expérience de vie et d’une pratique artistique.

Nous souhaitons confronter ses différents regards, leurs possibles interactions, leur lien avec l’intime et le politique, parce que, comme l’affirment lucidement les artistes Smith et Nadège Piton dans la préface de leur ouvrage Transgalactique : « notre connaissance de ces sujets est (avant tout) épidermique, intime, amoureuse, amicale, sensible, quotidienne, et nous interroge sur leur discrétion au sein de l’histoire de l’art jusqu’ici transmise » (The Eyes, 2020).