Recherche

Lignes de recherche

LES LIGNES DE RECHERCHE, CONSACRÉES A LA RECHERCHE THÉORIQUE ET EXPÉRIMENTALE EN ART, PRENNENT UNE DIVERSITÉ DE FORMES.

Les lignes de recherche proposées en priorité aux étudiant·e·s de quatrième et cinquième années sont des espaces de travail qui prennent différentes formes et mobilisent de nombreux partenaires institutionnels et artistes chercheur·euse·s nationaux·ales et internationaux·ales sur une durée variable, souvent de plusieurs années. Les enjeux théoriques et pluridisciplinaires engagés dans les lignes de recherche nourrissent d’une part les mémoires que les étudiant·e·s soutiennent pour le DNSEP et d’autre part leurs productions artistiques, ainsi que divers projets qui font l’objet de restitution sous des formes plurielles (colloques, éditions, expositions, festivals, etc.). Actuellement plusieurs lignes de recherche sont développées sous la direction d’artistes et théoricien·ne·s enseignant·e·s à l’école en collaboration avec de nombreux partenaires :

COMMENT PENSER PAR IMAGES

Federico Nicolao ; en partenariat avec le Centre culturel Suisse de Paris, le Doc, la Cité internationale des arts, la Faculté des beaux arts de l’Université de Lisbonne, la Fondation Calouste Gulbenkian Paris, revue Klima, La Colonie, No man land’s, L’Apostrophe – Scène national Cergy et Val d’Oise, et l’Université Fédérale de Rio

« Comment penser par images » est devenu le titre d’un cycle d’événements qui voient le jour dans le cadre d’un cours qui se veut une sorte de séminaire permanent. Une série de journées d’études, de conférences, de discussions avec les étudiant·e·s, de voyages d’études, de rencontres le ponctuent ; cette recherche se développe sur un laps de temps assez large dans le chaos fertile qu’évoque Hegel quand il parle de l’imagination. De l’art préhistorique jusqu’à celui de nos jours, de l’art grec jusqu’aux films de Tacita Dean, en passant par les réminiscences de Giordano Bruno ou du cycle de pièces pour piano Images de Debussy, par Svolgere la pelle de Giuseppe Penone ou les spéculations de Michelangelo Antonioni, dans un mouvement en même temps de déconstruction et d’analyse mais aussi de création et de travail, artistes, écrivain·e·s et philosophes n’ont pas cessé de s’interroger sur le rapport complexe qui existe entre image et pensée, espaces subversifs où apparaissent les intensifications du réel les plus raffinées et les plus profondes.

LES ÉCRITS D’ARTISTES, TENTATIVES D’ÉPUISEMENT

Carole Boulbès
 avec Christophe Viart
 ; en partenariat avec l’Université Paris 1 et l’Institut Acte

Les écrits d’artistes se situent à la croisée de plusieurs disciplines : littérature, arts plastiques, histoire de l’art, sociologie de l’art, psychanalyse, esthétique. C’est ce mélange particulier qui en fait une production hors-norme, difficile à saisir, mais riche d’enseignements. De Valerio Adami à Rémy Zaugg, le corpus de textes à découvrir se déploie presque à l’infini… Dans un esprit critique et constructif, ce séminaire vise à lire ensemble, réfléchir, et à étudier un corpus d’écrits d’artistes proposés par les participant·e·s qui mettent en jeu un certain nombre de notions liées à la création et à la recherche (liens entre la théorie et la pratique, modes opératoires, valorisation du travail).

JAPONOLOGIES

Corinne Le Neün avec Véronique Joumard, Corinne Atlan et Bruno Fernandés ; en partenariat avec le Centre d’études japonaises de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) et le laboratoire Agora de l’Université de Cergy-Pontoise

Le séminaire a pour ambition de doter les étudiant·e·s des outils de l’analyse critique en leur offrant les connaissances nécessaires à la compréhension de la création au Japon afin de mieux appréhender une culture qui exerce une puissance fascination sur toute une jeune génération. Le travail d’analyse de divers registres d’images se poursuit grâce aux apports historiques, culturels et linguistiques partagés par les intervenant·e·s (chercheur·euse·s, étudiant·e·s, artistes et enseignant·e·s) avec comme ligne directrice la généalogie des images et les questions de l’influence des modèles esthétiques fournis par les arts japonais et les constants allers-retours entre les différentes cultures.

LATITUDES BOTANICUS

Corinne Le Neün avec Régine Cuzin
 ; en partenariat avec l’Association OCEA et le Museum d’histoire naturelle

Le séminaire a l’ambition de favoriser des rencontres avec les artistes et les chercheur·euse·s qui habitent ou travaillent sur des territoires insulaires dont les départements et territoires d’Outre-Mer et ceux d’Amérique latine. Il s’agit d’interroger tant la représentation de ces territoires dans l’imaginaire artistique que les circulations de savoirs qu’ils génèrent. On sera également attentif à la façon dont la botanique s’est articulée aux projets d’expansion impériale outre-mer à l’époque moderne.

THE NIGHT OF ASSASSINS (À LA RECHERCHE DES RALLIZES DÉNUDÉS)

Gallien Déjean et Lionel Catelan

Proches de l’avant-garde théâtrale japonaise des années 1960, les Rallizes Dénudés deviennent en 1967 un groupe de rock psychédélique radical. Très politisés, proches de l’Armée rouge japonaise et des mouvements étudiants, certains de ses membres sont suspectés de participer à des actions armées et rentrent dans la clandestinité. L’histoire des Rallizes est un patchwork de rumeurs, d’approximations, de fantasmes et de sous-entendus entourant les membres du groupe d’une aura mystérieuse. À la croisée d’une certaine histoire des avant-gardes, du rock et de l’engagement politique radical, cette ligne de recherche envisage la constitution et la pérennité d’un mythe culturel comme objet d’étude. Sous la forme d’une enquête documentaire (filmée) reconstituant l’histoire évanescente et rapiécée du groupe à partir de ses traces, de ses fragments ou de ses effacements, ce projet s’envisage comme une anar-chive – selon l’expression de Derrida –, c’est à dire comme la constitution d’une méthodologie de recherche centripète qui rayonne autour de son objet pour tenter d’en cartographier l’absence.

LE PETIT TOUR #3

Vincent Gérard avec Laura Brunellière, artiste, et Boris Samuel, économiste

À l’occasion de l’édition du n°0 de la revue numérique Cirque (nouvelles du monde et d’ailleurs), dont l’édito est centré sur une critique des problématiques écologiques, sociales, politiques et migratoires de l’Union européenne, « Le petit tour » est invité à réaliser son 3e volet en son sein, en partageant ses travaux de recherche. Le n°0 qui inaugure la revue Cirque (nouvelles du monde et d’ailleurs), tentera d’éclairer « le miracle portugais » qui a découlé du plan de rigueur imposé par Bruxelles ces dernières années. Elle donnera une représentation formelle à la décision de la politique municipale de Berlin qui a su contrecarrer les plans de privatisation et de vente de grands quartiers populaires de la capitale allemande, en vue d’un vaste plan de spéculation immobilière. Pour finir, au sein de la commission européenne à Bruxelles, puis au moment d’un vote au parlement de Strasbourg, elle témoignera du débat et de la stratégie démocratique dans le cadre d’un projet de décret qui préconise « un alignement écologique de la politique agricole commune ».

TRILOGIE DE LA TERRE

Corinne Le Neün avec Agathe Simon et Bertrand Maillot
; en partenariat avec le Département de géosciences et environnement Cergy (GEC) de l’Université de Cergy-Pontoise, l’UFR Langues et études internationales et le laboratoire CNRS LAHIC

International et interdisciplinaire, le projet « Trilogie de la Terre » a pour enjeu d’initier un cycle d’exploration collective, inédite et créative à partir d’archives obtenues par reconstitution, intuition et extrapolation. Entre documentaire et fiction, entre science et onirisme, entre histoire et re-création, le projet Trilogie de la Terre consiste à la fois en une archéologie utopique de généalogies individuelles et en une réflexion sur la globalisation de notre monde actuel. Il propose une tension poétique et dialectique entre un passé impossible à reconstituer et un futur que des prédictions font osciller entre collapsologie et hubris technologique.

LA VIE TUMULTUEUSE DES ŒUVRES D’ART CONTEMPORAIN

Sophie Duplaix, conservatrice en chef des collections contemporaines, Musée national d’art moderne-Centre Pompidou ; en partenariat avec l’École du Louvre

Ce séminaire vise à sensibiliser un 
groupe d’étudiant·e·s, issu·e·s à la fois
de l’École du Louvre et de l’ENSAPC, à 
la spécificité de la gestion scientifique des œuvres d’art contemporain, en particulier les installations complexes. La chaîne étudiée va de l’acquisition à l’accrochage et au démontage, en passant par les réserves, la documentation et la conservation des œuvres. Le séminaire prend appui sur des cas concrets issus des collections du Musée national d’art moderne, et donne la parole à divers intervenant·e·s de cette institution.

VOILÀ LA FEMME (2)

Carole Boulbès, Corinne Le Neün ; en partenariat avec Points Communs – Nouvelle scène nationale Cergy-Pontoise/ Val d’Oise

Ce séminaire vise à lire et à étudier un corpus de textes et d’images et de spectacles choisis, à en discuter afin de poser et d’analyser des problèmes théoriques, critiques et politiques, autour des femmes dans l’art et le spectacle vivant. À partir du spectacle « Saison sèche » de Phia Ménard, et de diverses autres publications d’histoire de l’art et d’esthétique, la place des femmes dans l’art, leurs rapports à l’autorité et aux institutions est interrogée et plus spécialement la figure de la guerrière autant dans la mythologie (par exemple les Amazones, les Valkyries) que dans les traditions populaires (séries télévisées, comics).