Recherche

Lignes de recherche

LES LIGNES DE RECHERCHE, CONSACRÉES A LA RECHERCHE THÉORIQUE ET EXPÉRIMENTALE EN ART, PRENNENT UNE DIVERSITÉ DE FORMES.

Les lignes de recherche proposées en priorité aux étudiant·e·s de quatrième et cinquième années sont des espaces de travail qui prennent différentes formes et mobilisent de nombreux partenaires institutionnels et artistes chercheur·euse·s nationaux·ales et internationaux·ales sur une durée variable, souvent de plusieurs années. Les enjeux théoriques et pluridisciplinaires engagés dans les lignes de recherche nourrissent d’une part les mémoires que les étudiant·e·s soutiennent pour le DNSEP et d’autre part leurs productions artistiques, ainsi que divers projets qui font l’objet de restitution sous des formes plurielles (colloques, éditions, expositions, festivals, etc.). Actuellement plusieurs lignes de recherche sont développées sous la direction d’artistes et théoricien·ne·s enseignant·e·s à l’école en collaboration avec de nombreux partenaires :

ART BY TRANSLATION

Renaud Auguste-Dormeuil, Maud Jacquin, Sebastien Pluot
Dans le cadre du programme post-graduate Art by Translation ; en partenariat avec l’ESBA TALM-Angers, l’ENSBA…

Pour la session 2020-2021, le programme Art by Translation prolonge sa réflexion autour des enjeux liés à la trajectoire des œuvres et à la question des temps entremêlés par un projet de recherche et d’exposition intitulé Time Capsules 2045. 16 artistes sont invité·e·s à placer une œuvre dans des boîtes d’archives destinées à être ouvertes 25 ans plus tard. D’autres artistes, penseur·euse·s de différentes disciplines et étudiant·e·s vont également produire des pièces sonores imaginant le contexte de 2045 qui seront présentées sur différents supports d’enregistrement. Le projet sera l’occasion d’examiner des questions relatives aux traductions entre les œuvres et leurs contextes, à la traduction des œuvres par les médias, à la fiction spéculative et aux nouages entre passé, présent et futur, ainsi qu’à des questions touchant au devenir écologique de la planète.

LES ÉCRITS D’ARTISTES, TENTATIVES D’ÉPUISEMENT

Carole Boulbès
 avec Christophe Viart
, Sally Bonn

Les écrits d’artistes se situent à la croisée de plusieurs disciplines : littérature, arts plastiques, histoire de l’art, sociologie de l’art, psychanalyse, esthétique. C’est ce mélange particulier qui en fait une production hors-norme, difficile à saisir, mais riche d’enseignements. De Valerio Adami à Rémy Zaugg, le corpus de textes à découvrir se déploie presque à l’infini… Les écrits d’artistes en disent long sur leur pratique ou bien ils n’en disent rien. Certain·e·s créateur·rice·s donnent des conférences, des interviews, d’autres rédigent des notes dans le plus grand secret. À l’auto-analyse, certain·e·s préfèrent des formules brèves comme les poèmes, les slogans politiques ou les aphorismes. Autre aspect important : de plus en plus, les écrits d’artistes font l’objets d’exposition ou de synopsis de films. Que cela soit à travers des formes courtes ou longues, intimes ou pas, on s’intéressera aux textes d’artistes, textes artistiques, textes sur l’art, ou art conceptuel qui feront l’objet d’exposés et de débats critiques.

GESTES D’ART, ARCHIVES ET CULTURES VÉGÉTALES, PAYSAGES RÉINVENTÉS

Zahia Rahmani, Melanie Smith

En partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art, département Histoire de l’art mondialisée

Cette nouvelle ligne de recherche porte sur les liens entre pratiques artistiques contemporaines, écologies politiques et imaginaires paysagers. Elle propose aux étudiant·e·s de développer leur travail autour de plusieurs axes sous la responsabilité de l’historienne de l’art Zahia Rahmani et de l’écrivaine et d’une artiste Melanie Smith. Depuis les années 1990, l’importance croissante de l’histoire environnementale au sein des humanités se conjugue avec un processus d’internationalisation des terrains de recherche. Les études postcoloniales et décoloniales contaminent les problématiques environnementales pour ouvrir la réflexion sur la manière dont la colonisation affecte et détruit les écosystèmes, les paysages, la végétation, la géologie. Non seulement les paysages, les végétations, les matières, les géographies, sont socialement construites, mais inversement elles façonnent les manières de faire, les gestes, les manières de raconter, de rêver.

JAPONOLOGIES

Corinne Le Neün
 avec Véronique Joumard pour un workshop croisé entre « Japonologies » 
et « Thinking by images » ; avec la participation de Ryoko Sekiguchi et Bruno Fernandes, chercheur indépendant et directeur de la collection Delashiné ! aux Presses du Réel, Dijon
En partenariat avec La Villa Kujoyama, Institut français au Japon dirigée par Charlotte Ischii-Fouchet, ainsi qu’avec l’UFR Langues et Etudes Internationales, Centre de recherche AGORA de CY Cergy Paris Université

Fondé à l’origine avec la collaboration de l’Inalco et du Professeur Mickael Lucken, le séminaire a pour ambition de doter les étudiant-e-s des outils de l’analyse critique en leur offrant les connaissances nécessaires à la compréhension de la création au Japon et cela en vue de mieux appréhender une culture qui exerce une puissante fascination sur toute une jeune génération. Lors de cette nouvelle saison de Japonologies, le travail d’analyse de divers registres d’images se poursuivra grâce aux apports historiques, culturels et linguistiques mis en partage par les intervenant·e·s (chercheur·euse·s, étudiant·e·s, artistes et enseignant·e·s) avec comme point central la généalogie des images et les questions de l’influence des modèles esthétiques fournis par les arts japonais et les constants allers retours entre les différentes cultures.

LATITUDES BOTANICUS

Carole Boulbès, Corinne Le Neün
 ; avec la participation de Régine Cuzin, Maria Théréza Alvès, Sylvain Hilaire
En partenariat avec l’Association OCEA 

Latitudes Botanicus a l’ambition de favoriser des rencontres avec les artistes et les chercheur·euse·s qui questionnent le champ de la botanique et la manière dont elle a participé aux projets d’expansion impériale outre-mer entre autres à l’époque moderne. Il s’agit d’interroger tant la représentation de ces territoires dans l’imaginaire artistique que les circulations de savoirs qu’ils génèrent. Le séminaire trouve son inspiration dans les travaux d’artistes et les dernières expositions organisées ces dernières années, « Botany under influence » à New York en 2017 par exemple qui soulignait comment l’exportation des ressources naturelles du végétal a profondément affecté les structures de pouvoir et les comportements culturels tels que mis en lumière par le travail de recherche de l’historien Samir Boumediene dans son ouvrage essentiel La colonisation du savoir.

THE NIGHT OF ASSASSINS (À LA RECHERCHE DES RALLIZES DÉNUDÉS)

Gallien Déjean avec l’atelier édition 

Proches de l’avant-garde théâtrale japonaise des années 1960, les Rallizes Dénudés deviennent en 1967 un groupe de rock psychédélique radical. Très politisés, proches de l’Armée rouge japonaise et des mouvements étudiants, certains de ses membres sont suspectés de participer à des actions armées et rentrent dans la clandestinité. L’histoire des Rallizes est un patchwork de rumeurs, d’approximations, de fantasmes et de sous-entendus entourant les membres du groupe d’une aura mystérieuse. À la croisée d’une certaine histoire des avant-gardes, du rock et de l’engagement politique radical, cette ligne de recherche envisage la constitution et la pérennité d’un mythe culturel comme objet d’étude. Sous la forme d’une enquête documentaire (filmée) reconstituant l’histoire évanescente et rapiécée du groupe à partir de ses traces, de ses fragments ou de ses effacements, ce projet s’envisage comme une anar-chive – selon l’expression de Derrida –, c’est à dire comme la constitution d’une méthodologie de recherche centripète qui rayonne autour de son objet pour tenter d’en cartographier l’absence.

LE PETIT TOUR #3 – CIRQUE 

Vincent Gerard

En partenariat avec CIRQUE, Médiapart (Paris), l’Agence Magnum (Paris), La Cambre (Joachim Olender),
 ISCSP Lisbonne (Béatrice Hibou).

La revue en ligne CIRQUE, qui accueille cette dernière étape de la ligne de recherche, a mis en œuvre son N°0, diffusé depuis l’été 2020 (numéro réalisé avec le concours de 4 étudiantes de l’ENSPAC, membres du Petit Tour #3 – qui participeront également au N°1). Le Petit Tour #3 se poursuivra à l’automne/hiver 2020-2021, avec l’invitation à participer à l’élaboration et la création du No 1 de la revue CIRQUE. À l’instar des contributeurs·trices et de l’équipe de la revue, les étudiant·e·s qui s’inscrivent pour cette seconde partie du Petit Tour #3, travailleront avec l’équipe de rédaction mais auront également à produire un élément (texte, son, image).