Etudier à l'ENSAPC

ACTUALITÉ DE LA PHILOSOPHIE ET DES SCIENCES SOCIALES

Geoffroy de Lagasnerie
Avec Ronan de Calan. En partenariat avec l’Université Paris 1. 

Le séminaire accueillera des auteur.e.s qui viendront présenter leurs travaux récents et d’autres qui les discute- ront ou les prolongeront. Les séances pourront porter également sur des problèmes théoriques, des questions politiques, des notions qui émergent, des problèmes de l’actualité, etc. Les séances tourneront autour de questions critiques ou théoriques, etc. On y par- lera philosophie, sociologie, histoire, esthétique, psychanalyse, etc.

« BECOME THE MEDIA » – HISTOIRES DE L’EXPOSITION

Gallien Dejean
Avec la participation de Lili Reynaud Dewar, Yann Chateigné, Rachele Borghi, Isabelle Alfonsi, Caroline Larsonneur. 

Dans la tradition moderniste, chaque médium – à commencer par la peinture – se doit d’être autoréférentiel afin d’atteindre son essence. Dans ce contexte, le médium curatorial, qui s’incarne dans l’exposition, est impur car il est composite et ses supports sont multiples. C’est donc pour garantir la pureté de ses expositions que le modernisme a créé l’environnement aseptisé du « white cube ». Contrairement à cette conception, la théorie des médias permet d’envisager la plateforme curatoriale comme le médium absolu puisque son objet intrinsèque est la diffusion. Nous étudierons cette fonction de diffusion en évoquant le rôle du curateur à travers l’analyse critique de son statut et observerons comment les artistes se sont saisis de cette fonction curatoriale dans son sens le plus large (expositions, magazines, maisons d’édition, librairies, chaînes de télévision, etc.), afin de s’approprier et de réinventer des prérogatives essentielles (diffusion, théorie, économie) qui leur ont souvent été confisquées.

CHAMPS DE FORCE

Luc Lang


« Champ de forces » est un terme utilisé par Deleuze que je reprends à mon compte pour évoquer la rencontre par aimantation ou opposition de tous les médiums (littérature, philosophie, cinéma, arts plastiques, vidéo, performances) concernant une problématique définie, chacun des médiums y répondant à sa façon, avec sa poétique, avec sa technique, ses outils, ses points de vue liés justement à ses techniques et ses process. De quoi créer un champ de forces, un champ d’aimantation, où tous les médiums dialoguent et polémiquent entre eux sur un même sujet. Nous avons déjà eu une réflexion sur qu’est-ce que l’image et sa nature selon le médium qui la produit ? En 2020 c’était une réflexion sur le genre humain, en 2021 c’était une réflexion sur la nature de l’objet d’art et la nature du travail de l’artiste en regard des objets usuels et de l’organisation du travail telle qu’elle est proposée dans l’entreprise contemporaine. En 2022, au regard de la réflexion essentielle de Gunther Anders sur l’obsolescence de l’homme (sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle), quelles sont les propositions artistiques et quelles sont les pragmatiques induites par les œuvres que proposent certains artistes de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle pour résister à cette destruction ?

CINÉ-FIL

Carole Boulbès
Avec la participation de Patrick de Haas et de Carole Aurouet

En partenariat avec l’Université Paris 3-Censier et le Musée d’Orsay

De l’invention du langage cinématogra- phique à la fin du XIXe siècle jusqu’aux pionniers du cinéma dit « intégral » pendant les années 1920, des chefs d’œuvre ont été créés par des nova- teurs, qui ont ouvert l’art du film vers des voies inexplorées. Refusant de croire aux adaptations littéraires et aux ersatz du théâtre, ces cinéastes avant-gardistes, qui, à l’instar de Fernand Léger étaient avant tout des peintres, ont considéré la pellicule cinématographique comme un support de création à part entière. D’autres se sont intéressés aux possibilités infinies du montage, au rythme ; d’autres encore aux déformations visuelles, aux effets « disruptifs », à la colorisation et l’animation des images.

ÉCOLOGIE(S) EN QUESTION

Alejandra Riera
Avec Oulimata Gueye
Dans le cadre de l’ARC « Lieux-passerelles, entours », et en partenariat avec le post-diplôme « art » de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon coordonné par Oulimata Gueye.
Programmation conçue par Alejandra Riera, Oulimata Gueye et Annabela Tournon Zubieta, avec Minia Biabiany, Samir Boumedienne, Marcos Ávila Forero, Joana Maso, et avec les artistes du post-diplôme « art » de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon.

En relation avec l’ARC « lieux-passerelles, entours », ce cycle poursuit celui initié l’année dernière et conçu avec Oulimata Gueye – « écologies décoloniales » – dont le point de vue critique et ouvert s’appuyait sur la poésie, la science-fiction, le soin des êtres, l’écologie décoloniale de Malcom Ferdinand et les arts contemporains. Cette année, « Ecologie(s) en question » propose 4 séances abordant des questions relatives aux enjeux dits « écologiques » sur un mode interrogatif qui invite à la réflexion collective depuis des points de vue pluriels. Nous partons donc d’une question et non d’une affirmation ou d’une injonction prétendant définir ce qui serait écologique ou important de prendre en compte et ce qui ne le serait pas, mais souhaitant au contraire questionner et aborder ce qui est censé soutenir les logiques dites écologiques. En invitant des voix diverses et situées à nous éclairer depuis leurs propres perspectives, l’objectif est de discuter et de mieux comprendre ce que ce champ, et ce mot assez récent d’écologie – qui partage la racine du mot « économie » – a à nous dire, et comment ceci peut ou non concerner les manières dont nous pensons faire et porter nos gestes artistiques ou autres.

ENGLISH THROUGH ART

Rachael Woodson

Ce cours multi-niveaux, qui se déroulera entièrement en anglais, vise à fournir aux étudiant.e.s les compétences nécessaires pour pratiquer un anglais à la fois courant et professionnel en lien avec leur domaine de création. La participation et la curiosité des étu- diant.e.s seront sollicitées autour de la langue par le biais de différentes réali- sations, ce qui permettra d’établir des échanges actifs entre nous pendant l’année. Ces réalisations mettront en œuvre la notion pédagogique de l’apprentissage par la pratique, et pourront prendre de multiples formes : une découverte des ouvrages en anglais de la collection du centre de documentation, des discussions autour des écrits d’artistes et d’écrivain.e.s anglophones, des moments d’expérimentation dans l’atelier photographique, des démonstrations des works in progress des étudiant.e.s, un projet collectif d’édition autour de l’image et du langage.

En favorisant les intersections entre les formes de représentation (photographie, cinéma, dessin, performance…) et en s’appuyant sur divers modes d’expression et de communication linguistiques (la parole, l’écoute, la lecture, l’écriture…), une capacité de transmission riche et personnelle sera cultivée. Les étudiant.e.s développeront des méthodes de recherche pratiques et critiques, individuelles et collectives, afin de construire, et de présenter de manière réfléchie, leurs points de vue. Cette approche permettra également aux étudiant.e.s de découvrir le travail d’un éventail d’artistes, de théoricien. ne.s et d’écrivain.e.s lié.e.s au monde anglophone.

FACE À FACE

Carole Benzaken, Luc Lang
En partenariat avec le Centre Pompidou.

Trop souvent, les étudiant-e-s ont un rapport abstrait aux arts par le biais des images électriques de leurs écrans. Il s’agit donc de se confronter à la réa- lité physique unique des œuvres présentées à Beaubourg. C’est bien d’un face à face, à l’échelle réelle qu’il s’agit, et de développer une attention frontale et particulière à l’œuvre, et non de venir vérifier au musée que l’œuvre correspond à sa photo comme si l’image électrique était l’original… Chaque étudiant-e devra, devant une ou plusieurs œuvres qu’il-elle aura choisi, la présenter à l’ensemble du groupe, construire sa critique de l’œuvre. Il-elle pourra choisir des œuvres parce qu’il- elle les trouve importantes, intéressantes, puissantes, ou encore parce qu’il-elle les trouve faibles et sans intérêt.

GÉNÉALOGIE ET TOPOGRAPHIE DE LA PENSÉE CONTEMPORAINE

Geoffroy De Lagasnerie

Fournir les repères essentiels pour s’orienter dans la pensée, pour connaître la topographie théorique du temps présent, pour saisir les grands enjeux théoriques, politiques, critiques qui travaillent la réflexion à l’échelle internationale et qui changent les repré- sentations du monde.

HISTOIRE DE L’ART : POINTS DE VUE

Avec la participation de Marcella Lista, Morad Montazami, Catherine Perret, Clara Schulmann, Maria Stavrinaki, Angela Lampe, Jonas Storsve, Devika SinghEn partenariat avec le Musée national d’art moderne (MNAM) – Centre Pompidou et la salle Pro du Centre Pompidou.

Destiné aux étudiant.e.s de 2e année, ce cours d’histoire de l’art du XXE siècle aborde des problématiques qui traversent l’histoire de l’art du début et moitié du XXe siècle, à travers les points de vue et regards singuliers de chercheur.euse.s et historien.ne.s de l’art de divers horizons. Le cours aura lieu au Centre Pompidou, dans les collections du Musée national d’art moderne, et s’ar- ticulera entre un moment devant les œuvres (45 min environ), et un moment de cours (1h30) dans la salle pro au cœur des collections. En lien étroit avec une expérience directe des œuvres, ce cours abordera, à travers des regards informés des recherches les plus récentes, l’abstraction, les avant-gardes, le retour à la figuration, l’objet des surréalistes, les modernités non-européennes, les œuvres des femmes du mouvements surréaliste, les expérimentations optiques et bruitistes des avant-gardes, les expérimentations autour du livre d’artiste, la résurgence de la préhistoire dans l’art moderne…

HORIZONS

Laure Limongi
Avec la participation d’Alain Damasio, Leonora Miano, Anne-James Chaton, et d’autres invité.e.s…

En partenariat avec Le Théâtre de La Colline, le Centre Pompidou, la Maison de la Poésie

Panorama de la littérature contemporaine abordée à travers le prisme d’une série de gestes spécifiques, particulièrement marquants pour différentes raisons : en rupture avec la norme, mélangeant des genres littéraires, à la lisière de plusieurs champs créatifs, engagés socialement ou politiquement… Horizons au pluriel car il s’agira de permettre à chaque participant.e de se créer son propre panorama d’élection parmi les gestes proposés. Nous abor- derons ainsi divers courants contem- porains (métafiction, poésie sonore, poésie visuelle, écritures documen- taires/de l’enquête, autofiction, bio- fiction, science-fiction…) à travers des textes lus et commentés ensemble mais aussi la rencontre d’auteurs et autrices et la découverte de création in vivo – pièces de théâtre, performances…

LA VIE TUMULTUEUSE DES ŒUVRES D’ART CONTEMPORAIN

Alexia Fabre, conservatrice en chef, MAC VAL.
 En partenariat avec l’École du Louvre et le Mac/Val. 

Ce séminaire vise à sensibiliser un groupe d’étudiant.e.s, à la fois issu.e.s de l’École du Louvre et de l’École natio- nale supérieure d’arts de Paris-Cergy, à la spécificité de la gestion scientifique des œuvres d’art contemporain, en particulier les installations complexes. La chaîne étudiée va de l’acquisition à l’accrochage et au démontage, en pas- sant par les réserves, que l’on visitera, la documentation et la conservation des œuvres. Le séminaire prend appui sur des cas concrets issus des collections du MAC VAL et d’autres institutions, et donnera la parole à différents professionnels qui témoigneront de leur expérience comme des surprises et aventures que nous réserve la création contemporaine.

PRATIQUER ET SORTIR… CORPS, ESPACE, IMAGE

Claudia Triozzi
En articulation avec l’ARC « Le corps ému révolutionnaire » avec Sophie Wahnich, et l’ARC « Partager les regards » en partenariat avec le Point Éphémère

Le cours se compose de moments de pratique, d’invitations thématiques et de sorties « spectacle ». À l’invitation du Point Éphémère, nous aurons l’occasion de voir des créations en cours de réalisation et nous suivrons la programmation de Points communs, Nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise. Pour la pratique, nous puiserons nos matériaux dans les ouvrages Corps, espace, image de Miranda Tufnell et Chris Crickmay, et l’ouvrage Mouvement de vie, en hommage à Anna Halprin , ainsi que Écosomatique. Penser l’écologie depuis le geste dirigée par Marie Bardet, Joanne Clavel et Isabelle Ginot.

Nous approcherons les pratiques du corps par différents thèmes comme la conscience de soi, limite et force de l’introspection, réaction et adaptation au monde extérieur, croisement de pratiques corporelles dans l’art. Danser ? Performer ? Actionner ? Agir ? Je dirais composer un espace tout en risque et en spontanéité, expérimenter. Là où je suis avec mon mouvement et ma perception du corps, mon idée de le penser. Créer des expériences directes utilisant notre mouvement naturel, celui qui nous fait parcourir, qui nous fait soulever, déplacer, rire, regarder, auquel nous songions et qui ne nous appartient pas, celui qui marque le temps et ses affects, celui qui nous fait voir d’une façon particulière le monde qui nous entoure et nous fait agir.

SÉMINAIRE DE MÉTHODOLOGIE

Carole Boulbès, Gallien Déjean, Laure Limongi, Corinne Le Neün

Ce séminaire de méthodologie s’adresse aux étudiant.e.s de 3e année afin d’amorcer, de prolonger et d’enrichir, une réflexion transversale aux médiums et outils privilégiés de chacun.e, portant sur les enjeux de méthodes dans la perspective du mémoire à réaliser en 4e année. Plutôt que de comprendre la méthodologie comme un ensemble de règles à appliquer en tous temps et en tous lieux, il s’agira de la saisir comme un ensemble d’outils à inventer, critiquer et/ou détourner, au gré des circonstances de production et de pensée, de même qu’il s’agira de comprendre la méthode comme la visée d’un travail artistique et/ou de recherche elle-même. Animé par plusieurs enseignant.e.s de l’ENSAPC dont les pratiques vont de l’histoire de l’art à la littérature, de la performance à l’exposition, chaque séance sera l’occasion d’une réflexion située, à la fois à partir de leur pratique et de vos pratiques, sur les outils que l’on s’invente pour mener à bien des projets et des recherches artistiques.

 

SÉMINAIRE DE PROFESSIONNALISATION

Nina Volz


Le séminaire de professionnalisation propose des rendez-vous à l’occasion desquels les étudiant.e.s ont l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec des personnalités impliquées dans différents champs de la création : recherche, production, diffusion, communication, collection, etc. Ces séances fournissent des outils autant théoriques que pratiques que les étudiant.e.s peuvent ensuite mobiliser dans l’élaboration de leur parcours. Ce séminaire propose également des ateliers pratiques pour l’élaboration de dossiers de demandes de subventions, de résidences, de bourses, etc. et traitera des questions légales et administratives, comme celles du droit d’auteur ou du statut de l’artiste.

THÉORIES IMAGES

Federico Nicolao
Avec la participation de Pierre Leguillon, Jessica Russ, Sacha Golemanas
En partenariat avec Arc en Rêve (Bordeaux), le Palais idéal du Facteur Cheval, le Pavillon Bosio Monaco et l’EHESS

« Théories, images » expérimentant plusieurs formats d’enseignement se propose d’ouvrir un chantier intellectuel permanent, un espace d’exploration pour la pensée. Il a pour objectif que l’étudiant.e parvienne à se forger des outils théoriques par la pratique d’un medium et à partir de l’étude d’œuvres et d’écrits d’artistes et théoriciens. S’ouvrant à partir de cette année à la forme du séminaire et des rendez-vous en atelier, le cours se structure autour de quelques ateliers d’artiste. Le cours cherche à éclairer la pratique d’atelier d’Henri Matisse, le séminaire dérive à partir de la notion d’architecture sauvage, telle que Guy Debord l’a élaborée s’inspirant de casa Jorn, l’atelier de l’artiste danois Asger Jorn à Albisola.

Matisse utilise l’atelier comme le lieu où toute géométrie du sensible peut enfin se déployer. Il s’y amuse aux visites des ami.e.s et des collègues, restant concentré avant toute autre chose sur ses formes pour lesquelles il revendique une possibilité combinatoire stablement et harmoniquement en évolution, sans se fermer aucune piste (vitraux, décoration monumentale, sculpture in situ, architecture).

Il y a des questions plastiques que Matisse n’a jamais cessé de se poser. Dans la partie finale de sa vie, l’art d’atelier prend une importance majeure. Des questions y sont sans cesse formulées. Des réponses apparaissent non seulement à l’écrit ou dans les entretiens qu’il a acceptés mais surtout dans sa pratique, dans tous les mediums dont il s’est servi. Au reste on pourrait démontrer que son rapport à la répétition dans des espaces qu’il ne cessait pas d’étudier et d’habiter lui permettait de ne jamais épuiser complètement un sujet. Il n’est pas inutile de revenir aux problèmes plastiques pour lui plus poignants et de les analyser à l’aide de la manière dont ses œuvres sont sorties de l’atelier prêtant attention à la manière dont les espaces de vie où il travaillait se révélaient fondamentaux pour produire : « Pour mon sentiment l’espace ne fait qu’un depuis l’horizon jusqu’à l’intérieur de ma chambre ate- lier et le bateau qui passe vit dans le même espace que les objets familiers autour de moi, et le mur de la fenêtre ne crée pas deux mondes différents. » Dans l’œuvre il n’est jamais question seulement d’une simple juxtaposition de niveaux, mais se manifeste un goût architectural particulier pour l’enchevêtrement des lignes et des plans, symptôme d’une passion singulière pour le réseau des choses, leurs mouvements et leur changement constant. Là où tous les plans se croisent chaque point est pris en compte pour satisfaire au postulat d’une continuité en esprit. Quelle amplitude. Chaque œuvre finit toujours par surgir en atelier comme si Matisse y déployait ses possibilités de réponse, dans un échange mental perpétuel avec les découvertes auxquelles lui donnaient accès au fur et à mesure l’étude d’autres artistes, la pratique du dessin, de la sculpture et de la peinture et l’observation de la réalité.

Asger Jorn construit sur une colline de la côte ligure, une maison atelier qui laisse rêveur et, qui, non sans faire penser au Palais du Facteur cheval s’articule autour d’une suite d’interventions dictées par l’intuition. Son jardin sert de modèle à Guy Debord pour son essai De l’architecture sauvage.

Un séminaire analyse en parallèle du cours l’actualité de cette idée de l’architecture. Une période intensive se structure sous forme de séminaire autour de la notion d’architecture sauvage : « dans cette habitation italienne – écrit Debord –, mettant une fois de plus la main à la pâte, Jorn montre comment, aussi sur cette question concrète de notre appropriation de l’espace, chacun pourra entreprendre de reconstruire autour de lui la Terre, qui en a bien besoin. Ce qui est peint et ce qui est sculpté, les escaliers jamais égaux entre les dénivellations du sol, les arbres, les éléments rajoutés, une citerne, de la vigne, les plus diverses sortes de débris toujours bienvenus, tous jetés là dans un parfait désordre, composent un des paysages les plus compliqués que l’on puisse parcourir dans une fraction d’hectare et, finalement, l’un des mieux unifiés. Tout y trouve sa place sans peine.”