Etudier à l'ENSAPC

ART CONTRE CULTURE : GÉNÉALOGIE CRITIQUE DES HIÉRARCHIES CULTURELLES

Raphaël Faon

L’objectif de ce cours entre théorie de l’art et histoire visuelle est de questionner, à travers une généalogie critique des hiérarchies culturelles, les différents paradigmes structurés par la dialectique entre l’art et la culture, et de mettre en évidence les révolutions symboliques qui transforment les manières de voir et de percevoir, de penser et d’agir. Comment concevoir les avant-gardes après la modernité ? Y a-t-il une transformation des hiérarchies culturelles au sein des pratiques actuelles ? Quelles sont les ambivalences de l’art contemporain face aux industries culturelles ? Comment penser le goût du mauvais goût ? Quels sont les rapports entre culture mainstream et minorités ?

AS EASY AS FALLING OFF A LOG

Macdara Smith

Approches pratiques de l’anglais centrées autour des projets des participant-e-s (Erasmus, stage à l’étranger, festivals, appel à participation, etc), les interventions sont élaborées par l’enseignant et les participant-e-s. Le programme sera notamment : Comment se présenter / Comment parler de son travail (en parlant des autres) / Comment écrire sur son travail (en écrivant sur les autres) / Vocabulaire (lexique de l’art) / Bases grammaticales (en self study, discussion collective).

« BECOME THE MEDIA » – HISTOIRES DE L’EXPOSITION

Gallien Dejean. Avec la participation de Jacqueline de Jong, Benjamin Thorel, Mathieu Copeland, Philippe Decrauzat, Rachele Borghi, Isabelle Alfonsi, Caroline Larsonneur.

Dans la tradition moderniste, chaque médium – à commencer par la peinture – se doit d’être autoréférentiel afin d’atteindre son essence. Dans ce contexte, le médium curatorial, qui s’in- carne dans l’exposition, est impur car il est composite et ses supports sont multiples. C’est donc pour garantir la pureté de ses expositions que le modernisme a créé l’environnement aseptisé du « white cube ». Contrairement à cette conception, la théorie des médias permet d’envisager la plateforme curatoriale comme le médium absolu puisque son objet intrinsèque est la diffusion. Nous étudierons cette fonction de diffusion en évoquant le rôle du curateur à travers l’analyse critique de son statut et observerons comment les artistes se sont saisis de cette fonction curatoriale dans son sens le plus large (expositions, magazines, maisons d’édition, librairies, chaînes de télévision, etc.), afin de s’approprier et de réinventer des prérogatives essentielles (diffusion, théorie, économie) qui leur ont souvent été confisquées.

CHAMPS DE FORCE

Luc Lang


« Champ de forces » est un terme utilisé par Deleuze que je reprends à mon compte pour évoquer la rencontre par aimantation ou opposition de tous les médiums (littérature, philosophie, cinéma, arts plastiques, vidéo, performances) concernant une problématique définie, chacun des médiums y répondant à sa façon, avec sa poétique, avec sa technique, ses outils, ses points de vue liés justement à ses techniques et ses process. De quoi créer un champ de forces, un champ d’aimantation, où tous les médiums dialoguent et polémiquent entre eux sur un même sujet. En 2020, une réflexion a été engagée sur le genre humain, en 2021 ce sera une réflexion sur la nature de l’objet d’art et la nature du travail de l’artiste en regard des objets usuels et de l’organisation du travail tel qu’elle est proposée dans l’entreprise contemporaine.

CRUISING (QUEER PRACTICES)

Yann Beauvais. En partenariat avec l’Université Paris VIII et le Centre Pompidou. Avec la participation d’Emmanuel Guillaud, de Paul B. Preciado et de Katerina Thomadaki.

Déambulation à travers les pratiques queer en art et cinéma à partir de l’analyse de propositions de quelques artistes depuis le XXème siècle, et ce principalement à partir de propositions qui soulignent la transversalité des approches. Il est question d’études de textes, films, vidéos, mais aussi d’analyse d’œuvres de Mark Morrisroe, Dahn Vo, David Wojnarowicz, Barbara Hammer, Richarg Fung, Chantal Akerman, Rotimi Fanyi-Kayode, Catherine Opie, Steve McQueen, Cabello/Carceller, Michel Journiac, Glenn Ligon, Helio Oiticica, Suzan Stryker, Guiseppe Campuzano, Renate Lorenz, Roberto Jacoby…

ÉCOLOGIES DÉCOLONIALES

Alejandra Riera. En collaboration avec Oulimata Gueye. En partenariat avec l’ARC Paysages- lieux, entours. Avec la participation de Malcom Ferdinand, Oulimata Gueye, Kapwani Kipanga.

Cinq séances qui explorent les questions écologiques à partir de la science-fiction, de l’écologie décoloniale et de l’art contemporain. « Comment mobiliser les moyens artistiques pour penser ensemble les débats sur les technologies, les approches décoloniales et les enjeux environnementaux ? Comment accompagner de jeunes artistes dans la construction de leur espace de recherches et dans la fabrication de leurs outils conceptuels et esthétiques, dans un monde en mutation ? Comment penser la recherche artistique et ses modes et politiques de présentation, et représentation par rapport aux enjeux économiques, technologiques, de racialisation et du féminisme ? Comment définir le lieu d’où l’on parle et comment penser les localisations du savoir ? Quels sont les savoirs à convoquer ? À qui appartiennent-ils et comment y accéder ? Comment créer des espaces où s’inventent de nouveaux vocabulaires et pratiques artistiques ? » Oulimata Gueye

FACE À FACE

Carole Benzaken, Luc Lang. En partenariat avec le Centre Pompidou.

Trop souvent, les étudiant-e-s ont un rapport abstrait aux arts par le biais des images électriques de leurs écrans. Il s’agit donc de se confronter à la réa- lité physique unique des œuvres présentées à Beaubourg. C’est bien d’un face à face, à l’échelle réelle qu’il s’agit, et de développer une attention frontale et particulière à l’œuvre, et non de venir vérifier au musée que l’œuvre correspond à sa photo comme si l’image électrique était l’original… Chaque étudiant-e devra, devant une ou plusieurs œuvres qu’il-elle aura choisi, la présenter à l’ensemble du groupe, construire sa critique de l’œuvre. Il-elle pourra choisir des œuvres parce qu’il- elle les trouve importantes, intéressantes, puissantes, ou encore parce qu’il-elle les trouve faibles et sans intérêt.

GÉNÉALOGIE ET TOPOGRAPHIE DE LA PENSÉE CONTEMPORAINE

Geoffroy De Lagasnerie

Ce cours présente et discute les courants de pensée, les auteur-e-s, les enjeux théoriques, politiques, les problèmes critiques qui se situent au centre de la réflexion contemporaine à l’échelle internationale comme la théorie du pouvoir ou des identités, le marxisme ou le courant postcolonial, l’écologie ou la théorie politique, la question de la police ou du racisme, les classes sociales, etc. L’objectif est de fournir les repères essentiels pour s’orienter dans la pensée, pour connaître la topographie théorique du temps présent, pour saisir les grands enjeux théoriques, politiques, critiques qui travaillent la réflexion à l’échelle internationale et qui changent les représentations du monde.

HISTOIRE DE L’ART

Pierre Leguillon, Marcella Lista, Morad Montazami, Catherine Perret,
 Clara Schulmann, Maria Stavrinaki, Jonas Storsve. En partenariat avec le Musée national d’art moderne (MNAM), Centre Pompidou, et la salle Pro du Centre Pompidou.

Ce cours d’histoire de l’art du XXe siècle aborde des problématiques qui traversent l’histoire de l’art du début et moitié du XXe siècle, à travers les points de vue et regards singuliers de chercheur-euse-s historien-ne-s de l’art et artistes de plusieurs générations. En lien étroit avec une expérience directe des œuvres de la collection du Musée National d’Art Moderne, ce cours abordera, à travers des regards informés des recherches les plus récentes, l’abstraction, les avant-gardes, le retour à la figuration, travail sur l’objet des surréalistes, modernités non-européennes, les œuvres des femmes du mouvement surréaliste, les expérimentations optiques et bruitistes des avant-gardes, les expérimentations autour du livre d’artiste, la résurgence de la préhistoire dans l’art moderne…

HORIZONS

Laure Limongi. En partenariat avec Le Théâtre de La Colline, le Centre Pompidou, la Maison de la Poésie, le centre Wallonie-Bruxelles.

Panorama de la littérature contemporaine abordée à travers le prisme d’une série de gestes spécifiques, particulièrement marquants car en rupture ou à la lisière de plusieurs champs créa- tifs. Horizons au pluriel car il s’agira de permettre à chaque participant-e de se créer son propre panorama d’élection parmi les gestes proposés. Nous aborderons ainsi divers courants contemporains (métafiction, poésie sonore, écritures documentaires/de l’enquête, autofiction…) à travers des textes lus et commentés mais aussi la découverte de création in vivo – pièces de théâtre, performances… La participation active des étudiant-e-s est donc constitutive du processus engagé pendant le cours.

LA VIE TUMULTUEUSE DES ŒUVRES D’ART CONTEMPORAIN

Alexia Fabre, conservatrice en chef, MAC VAL.
 En partenariat avec l’École du Louvre et le Mac/Val. 

Ce séminaire vise à sensibiliser un groupe d’étudiant-e-s, à la fois issu-e-s de l’École du Louvre et de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, à la spécificité de la gestion scientifique des œuvres d’art contemporain, en particulier les installations complexes. La chaîne étudiée va de l’acquisition à l’accrochage et au démontage, en passant par les réserves, que l’on visitera, la documentation et la conservation des œuvres. Le séminaire prend appui sur des cas concrets issus des collections du MAC VAL et d’autres institutions, et donnera la parole à différents professionnels qui témoigneront de leur expérience comme des surprises et aventures que nous réserve la création contemporaine.

SÉMINAIRE DE MÉTHODOLOGIE

Carole Boulbès, Gallien Déjean, Laure Limongi, Corinne Le Neün, Federico Nicolao, Claudia Triozzi. 

Ce séminaire de méthodologie s’adresse aux 3e années afin d’amorcer, de prolonger et d’enrichir, une réflexion transversale aux médiums et outils privilégiés de chacun-e, portant sur les enjeux de méthodes dans la perspective du mémoire à réaliser en 4e année. Plutôt que de comprendre la méthodologie comme un ensemble de règles à appliquer en tous temps et en tous lieux, il s’agira de la saisir comme un ensemble d’outils à inventer, critiquer et/ou détourner, au gré des circonstances de production et de pensée, de même qu’il s’agira de comprendre la méthode comme la visée d’un travail artistique et/ou de recherche elle-même.

SÉMINAIRE DE MÉTHODOLOGIE

Carole Boulbès, Gallien Déjean, Laure Limongi, Corinne Le Neün, Federico Nicolao, Claudia Triozzi

Ce séminaire de méthodologie s’adresse aux 3e années afin d’amorcer, de prolonger et d’enrichir, une réflexion transversale aux médiums et outils privilégiés de chacun-e, portant sur les enjeux de méthodes dans la perspective du mémoire à réaliser en 4e année. Plutôt que de comprendre la méthodologie comme un ensemble de règles à appliquer en tous temps et en tous lieux, il s’agira de la saisir comme un ensemble d’outils à inventer, critiquer et/ou détourner, au gré des circonstances de production et de pensée, de même qu’il s’agira de comprendre la méthode comme la visée d’un travail artistique et/ou de recherche elle-même.

SÉMINAIRE DE PROFESSIONNALISATION

Guillaume Breton, Nina Volz


Le séminaire de professionnalisation propose des rendez-vous à l’occasion desquels les étudiant-e-s ont l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec des personnalités impliquées dans différents champs de la création : recherche, production, diffusion, communication, collection, etc. Ces séances fournissent des outils autant théoriques que pratiques que les étudiant-e-s peuvent ensuite mobiliser dans l’élaboration de leur parcours. Ce séminaire propose également des ateliers pratiques pour le développe- ment de portfolio et traitera des questions légales et administratives, comme celles du droit d’auteur ou du statut de l’artiste.

THÉORIES IMAGES

Federico Nicolao. Avec la participation de Marcelline Delbecq, Anne Bertrand, Gaëlle Obiégly, Fréderic Bonnaud.

À partir des années 1960, alors en rupture avec l’industrie du cinéma qu’il décide d’abandonner, Roberto Rossellini se lance dans un projet encyclopédique démesuré imaginant produire pour la télévision, à l’époque en plein développement, une incroyable série de films sur l’itinéraire de l’être humain depuis la préhistoire jusqu’à la conquête de l’espace. L’idée de donner à l’être humain des instruments de connaissance, de faire naître en toute personne une rigueur et une passion pour le savoir, hantait Roberto Rossellini. L’époque d’internet avec ses promesses et ses excès n’existait pas encore, mais on pressentait chez l’intellectuel et le cinéaste la nécessité profonde de mettre en question le cinéma, de l’ouvrir à d’autres expériences, de consolider son envie de raconter en images, après une carrière ponctuée de films remarquables, de donner une épaisseur aux pleins et aux vides des images. À partir des œuvres de Roberto Rossellini pour la télévision, l’objectif est d’ouvrir un chantier intellectuel permanent, un espace d’exploration pour la pensée.