2024
Figure, discours – Raphaël Faon
Thèse de doctorat en arts par le projet réalisée à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, EUR Humanités, Création, Patrimoine, CY Cergy Paris Université, sous la direction de : Jean-François Puff (CY) et Yann Beauvais (ENSAPC).
Présentée publiquement au palais de Tokyo le 12 novembre 2024 à 14h
Jury composé de : Françoise Parfait (Paris 1), Christian Joschke (ENSBA), Renaud Auguste-Dormeuil (ENSAPC) et Alexis Anne-Braun (ENS-PSL)
Ouverture de l’exposition au public à 13h30
Résumé :
Cette thèse d’artiste a pour sujet les processus de signification et d’interprétation des propositions artistiques fondées sur la transfiguration d’images ou d’objets préexistants dans un contexte artistique ; articulant la pratique de l’art à celle de la pensée, elle se compose d’expérimentations artistiques présentées sous la forme d’un portfolio et d’un essai théorique sur la place du discours face aux oeuvres visuelles en situation d’exposition, et plus spécifiquement en ce qui concerne l’usage institutionnel du cartel au musée. Ces deux parties sont complémentaires et là où la pratique porte sur des gestes artistiques de transfiguration des images, la partie théorique en interroge les processus de (re)signification par le discours. L’enjeu est de faire entrer en résonance ces deux dimensions de la recherche en art pour interroger les conditions (con)textuelles de la réception artistique. Inspiré par l’art conceptuel, le poststructuralisme et la philosophie de l’art américaine, ce travail accorde une attention particulière à la variabilité du sens, son caractère spectral et mouvant, plus affaire d’usage que d’essence, et à la construction de la signification des oeuvres visuelles selon des déterminations externes au-delà ou en-deçà de leurs propriétés formelles ou internes, dans le sillage d’une conception postmoderne de l’art et de la critique institutionnelle. Cela est manifeste dans les gestes de transfiguration influencés par le ready-made et l’appropriation photographique, qui sont étudiés et mis en pratique dans la thèse.

Reconstitutions, incarner les savoirs historiques dans l’espace de la performance, Louise Hervé
Mercredi 10 janvier 2024, à 13h
à l’EPSS, 92 rue Notre-Dame des Champs, 75006 Paris,
salle Chagall.
Thèse de doctorat en art par le projet, réalisée au sein de l’EUR Humanités, Créations et Patrimoine et de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy.
Sous la direction de : Chantal Lapeyre, professeure à CY Cergy Paris Université et chercheure à Héritages
Composition du jury : François Aubart, (ENSAPC, examinateur), Anne Bénichou, (université du Québec à Montréal, examinatrice), Marion Boudier, (université de Picardie Jules Verne, examinatrice), Chloé Déchery (université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, co-encadrante de thèse), Barbara Formis (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rapporteure), Chantal Lapeyre, (CY Cergy Paris Université, directrice de thèse), Jean-François Puff, (CY Cergy Paris Université, examinateur), Karel Vanhaesebrouck (université Libre de Bruxelles, rapporteur)
Résumé :
Comment penser une archéologie de la performance en art ? Les histoires de la performance telles qu’elles s’écrivent depuis les années 1970 affirment habituellement son apparition au XXe siècle, au sein des avant-gardes. Un champ s’ouvre graduellement aujourd’hui, qui permet de penser une histoire longue, avant le mouvement Dada et le Futurisme, avant les années 1960 et 1970.
Le propos de Louise Hervé est d’explorer un petit nombre de cas spécifiques de pratiques d’artistes ou de groupes qui mirent en œuvre des formes vivantes, inscrites dans le champ artistique, avant le XXe siècle, avec souvent une dimension utopique et radicale. Cette recherche part de sa position d’artiste, elle se déploie pour, avec et à travers des performances. Louise Hervé cherche à reconstituer des épisodes historiques discontinus, aux XVIIIe et XIXe siècles, qu’elle inscrit dans cette archéologie : les attitudes d’Emma Hamilton vers 1790 à Naples, les activités des Méditateurs et des Dormeuses à Paris en 1800, les cérémonies saint-simoniennes de 1832. Elle croise recherches bibliographiques, dans des archives, et mise en jeu de ces sources dans des situations de transmission — des performances, et plus spécifiquement : des performances-conférences. Ces reconstitutions nourrissent et orientent sa réflexion sur le rapport au passé dans le live ; elles appartiennent à un mouvement de recherche-création. Elles ne sont pas de pure imagination : elles mettent en tension une parole incarnée, des raisonnements spéculatifs et des sources historiques.
À partir de cette proposition, Louise Hervé observe en outre des gestes du refaire dans des performances artistiques contemporaines pour en dégager les enjeux croisés. Comment ces performances touchant au reenactment travaillent-elles des temps complexes, non-linéaires ? Quelles sont les méthodes de travail, les dispositifs utilisés par des danseurs, performers, metteuses en scène, qui s’adossent à l’Histoire ? Qu’est-ce qui se joue dans le corps qui incarne et transmet, dans l’adresse aux spectateurs et spectatrices, dans le décloisonnement des savoirs et des genres ?

