Ygrec

2020

TO THOMAS

du 24 octobre 2020 au 9 janvier 2021

Avec : Jimmy Beauquesne, Bady Dalloul, Jesse Darling, Marijke De Roover, Ilya Fedotov-Fedorov, Olivia Hernaïz, Candice Lin, Adrian Mabileau Ebrahimi Tajadod, Simon Martin, Dala Nasser, Josèfa Ntjam, Bassem Saad, Hanna Zubkova

Commissaires : Lucas Morin & Sasha Pevak

L’exposition to Thomas développe des récits d’attachement, de dépendance, de colère et de résistance à partir d’une histoire d’amour ordinaire. Elle est pensée comme une adresse à un amant du passé, un certain Thomas à la fois autobiographique et fictif qui pourrait avoir bien d’autres noms. Comme autant de chapitres d’un étrange roman à l’eau de rose, les œuvres de l’exposition font suite à des conversations entre commissaires et artistes où chacun·e investit et transforme son propre Thomas.Les artistes prennent à bras le corps les émotions et les enjeux politiques qui les produisent et les affectent. Chaque artiste a travaillé à partir de « son Thomas », le faisant surgir de son histoire personnelle en résonance avec les récits et les émotions des commissaires.

Entre l’euphorie amoureuse, le deuil de la perte, l’impuissance, la colère et la rage, to Thomas est un ensemble de gestes profondément intimes. Souvent mises de côté – trop personnelles ou trop singulières, trop fortes ou trop désordonnées – les émotions permettent pourtant aux artistes et aux commissaires de rendre leur travail partageable et accessible, tout en explorant les régimes visuels et politiques complexes qui les déterminent.

Jimmy Beauquesne, from Lucas, 2020, crayon sur papier, 30 x 40 cm, produit par La Box - Ensa Bourges

YTO BARRADA

DES TROUS DANS LA LUNE

Du 26 août au 21 octobre 2020 sur la façade de l’ENSAPC

Invitée par l’École nationale supérieure des arts de Paris Cergy (ENSAPC) à l’occasion de l’Eté culturel en Île-de-France, l’artiste franco-marocaine Yto Barrada affiche temporairement sur la façade de l’ENSAPC un calendrier fictif du cycle lunaire. Chacune des phases affichées de la lune souligne visuellement la localisation de l’un des vingt-cinq cratères qui portent le nom d’un savant du monde arabo-islamique. Comme souvent dans son travail, Yto Barrada s’intéresse à l’histoire, au savoir, et aux récits qui s’y produisent.

TIPHAINE CALMETTES

IL Y AVAIT DES ODEURS QUI MARCHAIENT

Du 10 juillet au 8 août 2020

Durant quatre semaines, l’artiste transformera le centre d’art en un espace de recherche, d’expérimentation et de production (artisanale, culinaire et végétale) dans lequel les visiteurs pourront découvrir des œuvres « en devenir ».

L’espace d’exposition se métamorphosera en un lieu de culture de kombucha (tissu vivant, symbiose de bactéries et de levures, qui prolifère, grandit et s’étend) ainsi qu’en un lieu d’expérimentation culinaire où le public pourra regarder, sentir et goûter des objets comestibles. Les sculptures produites évolueront chaque semaine en une exposition jamais totalement arrêtée dans sa forme mais, à l’instar du vivant, en transformation constante.

Ce projet, entre exposition et résidence de production, se veut également une plateforme de rencontres et d’échanges entre l’artiste, des intervenants (cheffe, philosophe, commissaires d’exposition) et le public, invité à l’occasion de trois rencontres-événements les 23 juillet, 30 juillet et 8 août. C’est à travers des réflexions artistiques, alimentaires, sociales, philosophiques et par conséquent politiques que l’artiste, vient questionner, nos usages et nos habitudes qu’ils soient liés à notre manière de visiter une exposition, de consommer du pain, de s’asseoir à table ou plus largement, d’envisager le vivant.

Tiphaine Calmettes, "Il y avait des odeurs qui marchaient", Ygrec, 2020

UNEXPECTED ITEMS IN THE BAGGING AREA

Unexpected Items In The Bagging Area est un projet développé entre l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy (ENSAPC) et l’Ircam (coproduction Ircam / Philippe Langlois) autour d’un atelier de recherche et de création piloté par les artistes et enseignants Yann Beauvais et Jérôme Combier accompagnés par Grégoire Lorieux et Sébastien Naves (Ircam) sur le thème « images en mouvement et expériences sonores ».

En prenant pour point de départ les notions d’image projetée et de cinéma expérimental, des étudiant·e·s de l’ENSAPC ont développé des réflexions, des lignes de recherche, des propositions plastiques ou musicales, en lien avec d’autres médiums tels que la poésie, la musique improvisée, la programmation musicale ou l’installation.

Originellement destinées à être exposées à l’Ircam et au centre d’art Ygrec-ENSAPC, ces nouvelles créations, seront accessibles sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter) à partir du 15 juin 2020. Chaque jour, y seront proposés des extraits, des adaptations, des bandes annonces et des oeuvres complètes produites par sept étudiant.e.s de l’ENSAPC (Dylan Altamiranda, Yannis Briki & Sarah-Anaïs Desbenoit, Lina Filipovich, Aurélie Massa, Loïck Mfoundou, Amosphère) en collaboration avec l’Ircam.

Face à l’isolement, au manque d’accès à certains outils plastiques et technologiques et à l’incertitude, il paraissait important aux enseignants comme aux étudiant.e.s de montrer que « par delà les contraintes du moment l’engagement créatif et l’engagement collectif sont des moyens par lesquels s’affirme le vivant. » (Yann Beauvais)

En partenariat avec l’Ircam.

Capture d’écran, ATyPtek, Amosphère & NSDOS, 2020

GAËLLE CHOISNE, SCHLAG LOVE  

BENJAMIN SWAIM, LAME DE FOND

Du 6 mars au 28 mars 2020

Après vingt ans d’existence à Paris, le centre d’art Ygrec ENSAPC ouvre ses nouveaux espaces à Aubervilliers qui accueillent les formes actuelles de la création contemporaine. Pour cette première exposition, Ygrec a invité deux artistes à investir les vitrines et l’espace intérieur.

L’artiste Gaëlle Choisne présente dans les vitrines Schlag love, une installation mêlant un choix d’œuvres existantes à de nouvelles productions réalisées spécialement pour cette exposition. Son travail se compose de sculptures et d’installations composites et foisonnantes où viennent s’imbriquer photographies, vidéos et références littéraires. En reproduisant le désordre et la complexité du monde contemporain, l’artiste évoque les enjeux de la surexploitation des ressources, l’héritage de l’histoire coloniale, et mêle indifféremment sciences objectives, traditions ésotériques créoles, mythes et cultures populaires.

L’artiste Benjamin Swaim présente dans l’espace intérieur d’Ygrec une série de peintures de grand et moyen formats, produites lors des trois dernières années et rassemblées sous le titre Lame de fond. Figurative, sa peinture est faite de plages de couleurs vives, contrastées et lumineuses qui altèrent la perception des espaces représentés. Ces jeux formels et chromatiques construisent un univers énigmatique, poétique et inquiétant.

Les propositions artistiques de Gaëlle Choisne et de Benjamin Swaim qu’à première vue tout semblerait opposer partagent une même inquiétude quant à la complexité et à la puissance des forces et désirs qui animent le monde. Elles manifestent, au travers d’assemblages et de peintures, des interrogations communes : quels savoirs, quelles pratiques, quelles expériences, quelles histoires sont en mesure de nous aider à agir et penser les réalités qui nous déterminent ?

Benjamin Swaim, "Lame de fond", Ygrec, 2020